Biographie d’Edgar P. Jacobs
Francis-Percy Blake est né à Llangowlen (Pays de Galles) de Aneurin-J. Blake, colonel au Royal Walsh Fusilier et de lady Milicent Roche of Killarney, fille de Samul-B. Roche of Killarney, juge de paix du compté de Glamorgan.
Issu d’une respectable famille d’hommes de loi et d’officiers, le jeune Francis préfère à la robe le métiers des armes. Aussi, dès la fin de ses études à Eton, il entre comme il se doit au Staff College de la "Royal Air Force", d’où il sort brillamment avec le grade de captain. Il effectue la première partie de sa carrière dans la R.A.F. puis passe à l’aéronavale comme squadron leader à bord du porte-avions Intrepid. C’est à ce moment qu’il est détaché par la "Section spéciale" de l’Admiralty à Scaw-Fell, où l’on procède, dans le plus grand secret, à la mise en chantier de l’Espadon, le fameux sous-marin volant du professeur Mortimer.
L’odyssée de l’Espadon est encore trop présente à toutes les mémoires pour que l’on s’étende ici sur le rôle capital joué par ces deux hommes au cours de l’invasion jaune. Rappelons simplement que c’est de cette époque que date la solide amitié qui unit Francis Blake et Philip Mortimer.
Bien qu’offrant par leurs tempéraments différents un frappant contraste, leurs mutuelles qualités s’équilibrent et se complètent. Ils forment une équipe particulièrement dynamique et d’une rare efficacité.
Ses dons particuliers dans l’affaire de l’Espadon ont, tout naturellement, amené Blake à travailler pour les Services secrets britanniques et pour le M.I.5. en particulier, qui apprécient, comme il convient, son imperturbable sang-froid et son remarquable pouvoir de pénétration.
A l’inverse de Mortimer, Francis Blake est le flegme britannique personnifié. Comparé à son ami, il paraît froid et détaché, absolument maître de ses réactions. Mais cette insensibilité apparente n’est due qu’à son horreur atavique de toute manifestation publique de ses sentiments.
Comme tout Anglais de bonne race, Blake est tenace, persévérant, combatif, ne relâchant son effort que lorsque l’affaire qui l’occupe a trouvé sa solution. Contrairement à Mortimer, toujours prêt à se lancer, tête baissée, dans l’aventure, Blake est circonspects, réfléchi et prudent. Il est rare qu’il donne dans un piège. Mais s’il lui arrive de se trouver le dos au mur, c’est alors avec une inflexible détermination qu’il affronte la situation, et sa bravoure, pour être moins spectaculaire, n’a rien à envier à celle de son compagnon.
Les seuls moments où l’on a vu cet homme si calme manquer de trahir une certaine émotion furent ceux ou l’incorrigible professeur Mortimer, poussé par son impulsivité habituelle, s’était mis, une fois de plus, dans quelque fâcheuse situation…
Ses sports favoris : le polo, le golf, le yachting.
DISTINCTIONS
En raison de l’audace et de l’habileté avec lesquels il a su mener à bien la périlleuse mission que lui avait confiée l’amirauté, et de sa brillante et valeureuse conduite lors du siège de la base d’Ormuz, le squadron leader Francis-Percy Blake a été promu au grade de colonel par Sa Majesté George VI qui, outre la Distinguished Service Order, lui a conféré le titre de baronet (autres distinctions : Military Cross - St. Georges Médal - Victoria Cross).
Si ses camarades de promotion continuent à l’appeler familièrement "Capitaine", c’est par plaisanterie, en référence à son lointain ancêtre, le redoutable Mandred, surnommé "Captain Black Beard", compagnon du comte de Salisbury qui anéantit la flotte de Philippe Auguste dans le Zwin en 1213.
Blake est le complément de Mortimer. D’une égale valeur, mais de tempérament différent. D’où confrontation d’opinions (donc intérêt des dialogues). Il est vrai que la forte personnalité de Mortimer a fait de son compagnon une sorte de "Sparring Partner". Pourtant, lorsqu’à titre d’expérience j’ai tenté de l’éloigner, Blake m’a été réclamé avec insistance. Ce qui prouve que son rôle dans la saga est nécessaire pour son équilibre.
E.-P. Jacobs.
Biographie tiré d’un Opéra de Papier (Editions Gallimard)







